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Dans
cette société moderne d'aujourd'hui axée sur la performance,
l'efficacité, la réussite et l'argent, nous oublions souvent
l'essence même de ce qui la compose et la façonne, l'individu.
L'individu,
cet être humain qui a des sentiments, des besoins et des rêves.
Comment se sent-il dans cette société dite évoluée ?
Si l'on
regarde l'augmentation de la détresse humaine,
de la violence, des maladies, des dépressions, des burn-outs et
des suicides, force est de constater que nous vivons un profond malaise.
C'est que nous avons collectivement mis l'importance sur les
valeurs énumérées ci-haut, sans se soucier de la capacité
d'adaptation et l'épanouissement des individus.
Les gens
sont souvent confus, ils cherchent une identité, des défis à relever,
des valeurs auxquelles s'accrocher et un guide spirituel qui peut les
inspirer. Il ne faut pas voir ici un message de panique, mais plutôt un
signal d'avertissement. Un retour aux sources s'impose.
Il faut prendre le temps et les moyens pour se connaître, s'épanouir
et se réaliser comme individu.
Les arts
martiaux permettent justement aux BUDOKAS de faire ce cheminement
personnel intérieur, si la pratique est orientée vers les dimensions
philosophique, mentale et spirituelle, qui constituent l'essence même
de chaque art martial.
Pratiquer
un art martial seulement pour son aspect technique ou pratique d'autodéfense,
pour ses bienfaits physiques, ou pour la compétition, c'est comme voir
en l'iceberg que la partie visible et superficielle du glacier au-dessus
de l'eau. Sans ses
dimensions philosophique, mentale et spirituelle, l'art martial perd de
son essence même et devient alors un sport ou une activité physique
parmi tant d'autres.
Malheureusement,
les arts martiaux ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur, et
ce, à cause de certains préjugés non fondés du public.
En
effet, plusieurs personnes perçoivent les arts martiaux comme des
sports de combat violents, plutôt qu'un art pacifique d'autodéfense
basé sur le développement intérieur de l'individu.
La première
partie de "La voie sacrée du budoka", se veut une réflexion
pratique pour sensibiliser les adeptes d'arts martiaux à l'importance
des dimensions philosophique, mentale et spirituelle, dans leur
cheminement personnel.
Dans la
deuxième partie, je me propose de vous faire comprendre comment
appliquer ces dimensions dans votre vie quotidienne, en vous faisant
partager mon cheminement personnel sur la voie sacrée du budoka.
Qualités d'un budoka
Voici
les qualités qu'un budoka doit posséder s'il désire s'engager
correctement sur la voie sacrée de son art martial:
-
Avoir une attitude positive et
comprendre que l'art martial est avant tout un art d'autodéfense et
une école de formation humaine.
Avec cette approche, le budoka ne vient pas s'entraîner dans
le but d'apprendre à se battre ou à prouver qu'il est le plus fort
ou le meilleur. C'est
alors qu'il peut faire une démarche sérieuse avec un esprit ouvert
et réceptif, dans un climat de confiance.
-
Faire preuve d'humilité et de respect. Il faut se rappeler que l'art martial exige que l'adepte soit
humble et respectueux des gens et de son entourage.
-
Rester motivé et concentré en tout
temps. L'intérêt et l'attention sont les bases de l'apprentissage
et de la connaissance.
-
Toujours donner son maximum.
L'intensité de l'effort est à l'origine de la progression
physique et mentale.
-
Être déterminé, persévérant et
patient. La détermination est la mère de la réussite, alors que la
persévérance et la patience inculqueront une discipline
personnelle de corps et d'esprit, nécessaire à tout cheminement
durable.
Comme
vous pouvez le constater, les qualités athlétiques et physiques ne
sont pas nécessaires au cheminement intérieur du budoka.
Le schème de référence
Pour que
le budoka puisse cheminer correctement, son schème de référence doit
se limiter au niveau de son apprentissage et de sa progression
personnelle, et non par rapport aux autres.
Pour
lui, ce qui importe avant tout, c'est d'apprendre, de s'améliorer, de
vivre des expériences enrichissantes, de relever des défis, et de se dépasser,
tout en essayant d'échanger et de tester ses connaissances et ses
habilités.
Pour le
budoka engagé sur la voie sacrée, il n'y a pas d'échecs ou de défaites,
il n'y a que des leçons et des apprentissages qui le font grandir
toujours un peu plus.
L'importance du
"SENSEI"
Pour
l'accompagner sur la voie sacrée, le budoka a besoin d'un
"Sensei" (instructeur), qui saura le guider, l'éclairer et
l'inspirer dans son cheminement personnel.
De par
sa définition, le mot "Sensei" signifie celui qui est venu
avant et qui montre le chemin à suivre, la voie, le "DO"
japonais. Plus qu'un simple
instructeur, le Sensei a la lourde responsabilité de devoir guider ses
élèves dans la bonne direction et de les accompagner dans leur
cheminement personnel.
Le choix
d'un bon "Sensei" revêt une importance capitale pour le
budoka qui désire s'engager sur la voie sacrée.
Le Sensei doit être un instructeur consciencieux et passionné,
animé par le désir de partager ses expériences et ses connaissances.
Il doit être un bon communicateur et un motivateur, qui a à
coeur le cheminement personnel de ses élèves, plus que ses propres intérêts
personnels et financiers.
Un bon
"Sensei" est celui qui continue à s'entraîner, à apprendre
et à cheminer et sait mettre en pratique dans sa vie quotidienne, la
philosophie et les valeurs martiales qu'il enseigne.
Respect du rituel martial
Le
contexte d'entraînement des arts martiaux se fait selon un rituel
martial très spécifique. C'est
le respect de ce rituel martial qui permet au budoka de se mettre dans
une position de réceptivité et de confiance, éléments essentiels à
l'apprentissage et à la compréhension des dimensions mentale,
philosophique et spirituelle.
-
Le salut:
Il faut saluer en entrant et en sortant du dojo, saluer son
Sensei, saluer ses partenaires et saluer ses adversaires.
Il ne faut pas oublier que l'art martial commence et se
termine par un salut, ce qui symbolise le respect et l'humilité.
-
Le respect:
Il faut respecter la hiérarchie et l'autorité.
Chacun a sa place et son rôle à jouer dans le dojo, avant,
pendant et après les entraînements.
-
Il faut également respecter des règlements
et des procédures de fonctionnement. Il faut savoir que chaque dojo ou organisation a des règles
de fonctionnement particulières.
Il est important pour le budoka de bien les connaître et
s'il les accepte, de s'y conformer.
Le budoka doit comprendre que c'est à lui de s'adapter au
Sensei, au dojo, et à l'organisation et non l'inverse.
L'importance de l'engagement
Sans
engagement total et sincère, le budoka ne fera qu'effleurer de façon
superficielle l'art martial qu'il pratique (un peu comme toucher la
pointe visible de l'iceberg au dessus de l'eau), se limitant ainsi à un
entraînement sportif, physique et technique.
Pour
connaître la voie sacrée des arts martiaux, le budoka doit s'engager
de façon sincère et totale. C'est
seulement de cette façon qu'il pourra en retirer tous les bénéfices,
le conduisant ainsi vers un cheminement personnel intérieur durable.
La
notion d'engagement fait également référence à la notion de temps.
Plus la
période d'engagement sera longue, plus les bénéfices seront nombreux
et plus le cheminement personnel intérieur du budoka sera profond et
durable.
Pour le
budoka engagé sur la voie sacrée, les arts martiaux feront toujours
partie intégrante de sa vie. Il
tentera d'appliquer la philosophie, les principes et les valeurs
apprises, dans son quotidien et ce, durant toute sa vie.
Les
vieux maîtres sont la preuve vivante, que les arts martiaux sont
l'histoire de toute une vie.
Je me
rappelle qu'un jour mon Sensei, le maître japonais TORU YAMAGUCHI,
alors âgé de 64 ans, m'a dit: "Pour
beaucoup de monde, le temps c'est de l'argent, mais pour moi, le temps
c'est du karaté".
Voilà
pourquoi on dit que les arts martiaux sont une philosophie de vie, une
façon de vivre.
Progression du budoka
Le
cheminement du budoka sur la voie sacrée se fera de façon progressive
et constante, en considération de plusieurs facteurs tels que son âge,
son niveau, son rythme d'apprentissage, ses aptitudes physiques et
mentales, ses objectifs et les exigences spécifiques de son art
martial.
Jusqu'à
la ceinture noire, le cheminement du budoka se fera surtout au niveau
mental, grâce à un entraînement physique, technique et pratique
intensif.
À
compter de la ceinture noire, le budoka fera un cheminement basé sur la
compréhension et l'interprétation des valeurs et de la philosophie des
arts martiaux.
À
compter du 3e dan, le budoka s'engage dans un cheminement
beaucoup plus profond, qui consiste à découvrir et explorer les
dimensions sprirituelles des arts martiaux.
À
compter du 5e dan, le budoka continue son cheminement intérieur
tout en s'engageant à aider et guider les autres budokas dans la voie
sacrée. Il a la
responsabilité de redonner à son Sensei et à son art, ce qu'il en a
reçu et si possible, un peu plus.
Comme on
peut le constater, le cheminement personnel du budoka sur la voie sacrée
est l'histoire de toute une vie de recherche, pour son équilibre et son
épanouissement intérieur.
Les bienfaits et les vertus
de l'entraînement
Quels sont les bienfaits et les
vertus que peuvent apporter la pratique d'un art martial ?
-
amélioration de la
condition physique au niveau cardio-vasculaire, agilité, souplesse,
coordination, tonus musculaire, etc.
-
plus grande concentration
-
meilleure discipline
-
contrôle de l'agressivité
-
contrôle du stress
-
plus grande confiance en soi
-
meilleure estime de soi
-
méthode d'autodéfense
-
souci du perfectionnement
-
détermination et persévérance
Bien
que ces réponses soient exactes, elles sont incomplètes.
Personne ne peut nier la noblesse de ces bienfaits et de ces
vertus, cependant, il manque deux éléments essentiels à ces réponses:
-
faire ressortir l'importance des
dimensions philosophique, mentale et spirituelle, qui permettent au
budoka de faire un cheminement personnel intérieur
-
expliquer comment ces bienfaits et ces
vertus peuvent être utiles et applicables dans la vie quotidienne
du budoka
En
ajoutant ces deux éléments essentiels, nous venons de distinguer les
arts martiaux des autres sports ou activités physiques.
But ultime des arts martiaux
Le but
ultime des arts martiaux est de permettre aux budokas de faire un
cheminement intérieur, afin qu'ils puissent intégrer les principes,
les valeurs et la philosophie enseignés au dojo, dans leur vie
quotidienne, à l'école, au travail ou dans la famille.
Voilà
pourquoi il est essentiel que le budoka s'engage sur la vie sacrée de
son art et qu'il fasse ce cheminement personnel et cette recherche intérieure,
s'il veut découvrir l'équilibre et l'harmonie, préalables à
l'atteinte du but ultime.
Ce sont
ces dimensions mentale, philosophique et spirituelle qui donnent les
lettres de noblesse aux arts martiaux et qui les distinguent.
Les richesses intérieures
des arts martiaux
Les arts
martiaux regorgent de richesses intérieures.
Un bon Sensei saura les enseigner et les faire découvrir au
budoka, à condition que celui-ci y soit disposé (voir le chapitre
"qualités requises").
Grâce
à un entraînement sérieux et assidu, le budoka découvrira ces
richesses les unes après les autres, tout au long de sa progression.
Et ce
sont ces richesses qui amèneront le budoka engagé sur la voie sacrée,
à faire un cheminement personnel intérieur durable.
Voici, selon moi, les deux plus
grandes richesses des arts martiaux:
-
L'universalité et l'infinité de ses
limites. En effet, peu
importe les objectifs ou le niveau du budoka, il y a toujours
quelque chose à apprendre, à améliorer et à découvrir et un
cheminement à continuer.
Plus le budoka s'investit dans son art,
plus il en retire des bénéfices et des vertus, plus le budoka
s'engage dans son cheminement intérieur, plus il fait
de découvertes.
En fait, les seules limites des arts
martiaux, ce sont celles que le budoka s'impose lui-même.
-
Le budoka est toujours confronté à
lui-même. Le plus dur
combat que le budoka aura à livrer au cours de son cheminement,
sera celui qu'il se livrera à lui-même.
En effet, il devra apprendre à se connaître avec ses qualités,
ses défauts, ses rêves et ses limites.
Il devra prendre des décisions, poser des actions et en
assumer les conséquences.
Alors qu'il croit que ce sont ses adversaires qui sont ses pires
ennemis, il réalise qu'il devra combattre contre lui-même.
Le
cheminement du budoka
Comment
appliquer dans ma vie quotidienne les connaissances, les valeurs et les
principes appris dans les arts martiaux ?
Comment
intégrer les dimensions mentale, philosophique et spirituelle des arts
martiaux, à ma vie de tous les jours ?
Chaque
budoka engagé sur la voie sacrée, possède au fond de lui les réponses
à toutes ses questions.
À
chacun sa mission de trouver les réponses et de les appliquer.
Voilà
le plus grand défi qui attend le judoka décidé à s'engager sur la
voie sacrée.
Une
mission vous attend !
Quel
est votre cheminement à vous ?
Par où
et par quoi commencer ?
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